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VUE
D'ENSEMBLE DE LOUISBOURG
OVERALL VIEW OF LOUISBOURG |
| "...souci
de la beauté des constructions neuves, particulièrement des
portes de villes ... juger de la magnificence du roi et de la
bonté de la place par la beauté de ses portes."
Vauban
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"Quiconque
voudra faire bâtir doit premièrement se proposer de faire la
cage pour l’oiseau : c’est-à-dire de proportionner son
bâtiment ... à sa condition, à ses besoins et surtout au
moyen qu’il a d’en pouvoir sortir à son honneur."
Vauban
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| «Whosoever
wishes to build must first of all propose to fit the cage to the
bird: that is to say proportion his building to his condition, to
his needs and most of all to the means at his disposal to come out
of it to his honor.»
Vauban
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«...care
for the beauty of the new constructions, particularly the city
gates...judge the magnificence of the King and the goodness (sic)
of the place by the beauty of its gates.»
Vauban
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Vue
d’ensemble de LOUISBOURG :
- —
architecture et fortifications de 1717 à 1758 y compris des projets
non réalisés,
- —
reconstruction partielle de 1960 à 1983 du quart nord-ouest de la
ville tel qu’en 1745 à la veille du premier siège,
- —
mettant en valeur les lieux d’habitation et les principaux
bâtiments du Roi reconstruits.
Y.
LeBlanc, architecte
à Louisbourg de 1972 à 1983
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Overall
view of LOUISBOURG:
- —
architecture and fortifications from 1717 to 1758, including some
unrealized projects,
- —
partial reconstruction, from 1960 to 1983, of the north-west quarter
of the town as of 1745 on the eve of the first siege,
- —
showing the living areas and principal King’s buildings
reconstructed.
Y.
LeBlanc, Louisbourg Architect,
1972 to 1983
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| Louisbourg,
port canadien sur l’Atlantique plus connu aujourd’hui pour la
reconstruction partielle de la ville et de ses fortifications, était
devenu au XVIIIe siècle un important port de pêche et de commerce
aussi bien que base navale située à l’entrée du Golfe
Saint-Laurent. C’était jusqu’en 1713, le Havre à l’Anglois, port
de refuge et de séchage de la morue sur l’Ile du Cap-Breton où les
Français ne trouvèrent qu’un seul habitant français et une
trentaine de familles indiennes isolés à quelque 1 300 kilomètres de
Québec en Nouvelle-France et de Boston en Nouvelle-Angleterre, et
environ 470 kilomètres de Port Royal, capitale d’Acadie. |
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Louisbourg,
Canadian port on the Atlantic better known today for the partial
reconstruction of the town and its fortifications, had become in the
18th century an important fishing and commercial port as well as naval
base situated at the entrance of the Gulf of Saint Lawrence. Up to 1713
it was known as Havre-à-l’Anglois, a well protected harbour for
shelter and the drying of cod on Cape Breton Island where the French
found but one french and twenty-five or so Indian families isolated at
about 1,300 kilometers from both Quebec in New France and Boston in New
England. The nearest important establishment was Port Royal, capital of
Acadia, at some 470 kilometers away. |
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| Malgré les
paroles de Voltaire, "la clé des possessions françaises en
Amérique du Nord", Louisbourg, de par sa courte vie ne marqua pas
durablement l’histoire ni l’architecture de son temps, comme on peut
le constater aujourd’hui en France. Depuis, c’est son destin
tragique qui marqua davantage le romantique XIXe siècle par des mythes
comme "Dunkirk of America", "Dunkerque du Nord", ou
encore "Gibraltar du Saint-Laurent" de Maurice Sand, baron
Dudevant, fils de George Sand, dans son compte rendu de sa visite à
Louisbourg en 1861 en compagnie du prince Jérôme Napoléon. |
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In spite of the words of Voltaire,
«the key to the French possessions in North America», Louisbourg by
its short life did not durably mark the history nor the architecture if
its time, as can be noted in France today. It is its tragic destiny that
has marked mostly the romantic 19th century by such myths as «Dunkirk
of America», or «Dunkerque du Nord», or again «Gibraltar du
Saint-Laurent» by Maurice Sand, baron Dudevant, son of the famous woman
writer George Sand, in his account of a visit to Louisbourg in 1861 in
the company of Prince Jérôme Napoléon. |
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Les ruines de Louisbourg, "ces vertes...et mélancoliques
solitudes...", attirèrent d’autres visiteurs de marque, dont le
Prince de Galles en 1860, et aussi l’intérêt d’un certain nombre
de notables, amateurs éclairés de culture et d’histoire, parmi les
nouveaux arrivants après la conquête, d’origine écossaise ou
irlandaise pour la plupart; si bien que Louisbourg s’inséra tout
naturellement par sa présence insolite dans ce nouveau patrimoine, au
charme gaélique, de l’Ile du Cap-Breton touristique, — d’où le
nécessaire bilinguisme d’aujourd’hui dans son contexte
majoritairement anglophone, — où ne subsistent encore, hors les
quelques îlots acadiens, que de rares noms de familles louisbourgeoises
mais davantage de noms de lieux, soit tels quels, comme Framboise,
Fourchu, Boularderie, soit traduits comme Flintstone (Pierre-à-Fusil),
Black Rock Point (Cap Noir). Alors que d’autres ont subi une
"mutation" pour le moins étonnante: ainsi Labrador, nom que
porte sur les cartes françaises la magnifique mer intérieure de l’île,
et Ménadou, pittoresque petit port de pêche, sont devenus, depuis la
conquête, Lake Bras d’Or et Main à Dieu! Mais sont toujours
prononcés "Bradore" et "Manadoo"! |
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The ruins of Louisbourg, in their «grassy solitude...», attracted
other important visitors like the Prince of Wales in 1860 as well as the
interest of a certain number of notables, enlightened amateurs of
history and culture, amongst the new arrivals of mostly Scottish or
Irish origin, so that Louisbourg’s untypical presence naturally found
its way into the convivial gaelic heritage of Cape Breton, — whence
the necessary bilinguism at Louisbourg today in its largely anglophone
environment, — where still subsist, outside of the few acadian
localities, but very few Louisbourg family names. Place names however
are more numerous, either as they were or in translation, such as
Framboise, Fourchu, Boularderie, or Black Rock Point (Cap Noir),
Flintstone (Pierre à Fusil). But some others have been subject to
rather strange «mutation»: «Labrador», the name on french maps for
the beautiful land-locked sea, and «Ménadou», the picturesque fishing
village, have become since the conquest Lake Bras d’Or and Main à
Dieu, but still pronounced «Bradore» and «Manadoo». |
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| Ce PRESQUE MYTHIQUE LOUISBOURG
dit-on, ce qui permet de
donner un sens plutôt large au mot "mythe", nécessaire pour inclure
dans ce propos les nombreuses interrogations surgies au cours des recherches et
de la reconstruction, qui seront peut-être les portes par où entreront les
mythes de l’avenir. Malgré l’importante documentation il y eut bien des
lacunes et divergences qu’il fallut traiter le plus fidèlement possible.
Alors que l’historien ou l’archéologue pouvait terminer son rapport sur tel
édifice à reconstruire par un point d’interrogation pour certaines données,
l’architecte, lui, pour construire en dur devait aller au-delà et combler les vides le plus authentiquement possible.
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The NEARLY MYTHICAL
LOUISBOURG, is it said. but with a
broadened meaning for the word myth to include exaggerations in descriptions or
tentative answers to interrogations arising in the course of research and
reconstruction, which may be openings for the myths of the future. For in spite
of the fairly abundant research material avai1able, there were many gaps and
discrepancies to be treated. Whereas the historian and the archaeo1ogist could
conclude a report on a bui1ding to be reconstructed by a question mark, the
architect, in order to rebuild, had to go beyond and fill in as authentically as
possible. |
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| Néanmoins, ce fut un exercice on ne peut plus passionnant de
recherche et de mise en œuvre et nous nous y sommes facilement laissé prendre.
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It became a most fascinating exercise in research and implementation
and most of us let ourselves be taken by the challenge. |
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| Louisbourg qui fait revivre aujourd’hui ses fondateurs
français, demeure un port de pêche, après avoir été, au 20e
siècle, lors des deux guerres, centre de radiocommunication et de ralliement
des convois maritimes, aux 19e et 20e port charbonnier, et
au 18e port très fréquenté à proximité des grands bancs de
Terre-Neuve.
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LOUISB0URG, seeing today the revival of its French 18th
century founders, remains a fishing port of sorts. But it had its importance in
the past as a radio-communication center and rallying point for overseas convoys
during the last two wars, as well as a coal shipping port for many years, and in
the century of its founding it was for some time better known as a very
important commercial and fishing port close to the Newfoundland Grand Banks. |
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| La production de morue salée ou
séchée, pour les années
1740, s’élevait à plus de deux fois en moyenne celle, plus connue, de la
traite des fourrures pour toute la Nouvelle-France. Aussi port de commerce,
Louisbourg suivait de près en importance les ports de Boston, New York et
Charleston. Son étendue, d’un peu plus d’un kilomètre sur quatre permettait d’accueillir un grand nombre de
vaisseaux de tout tonnage, si bien qu’en 1758, on y comptait pas moins de
trente-trois vaisseaux de guerre et de quatre-vingt à quatre-vingt-dix transports
anglais.
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The
production of cod, dried or salted, averaged, for the 1740’s, twice that of
the better known fur trade for all of New France. As a commercial port it
followed closely in importance the ports of Boston, New York and Charleston. Its
extent of about 1x4 kilometers could accommodate a large number of vessels of
all tonnage, so that in 1758 could be counted no less than 33 warships and some
eighty or ninety English transports. |
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| L’existence de
Louisbourg, de 1713 à 1768, fut
malheureusement trop courte pour avoir le temps de marquer
durablement l’histoire de son époque. C’est son destin tragique qui marqua
le romantique 19e siècle et fut propice à la naissance du mythique,
ne serait-ce que les deux chutes et l’échec de 1a tentative de reconquête en
1746 par le duc d’Enville qui paya de sa vie et dont les restes furent
transférés a Louisbourg en l749 pour être inhumés devant l’autel de la
chapelle du Bastion du Roi.
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The existence of
LOUISBOURG, however, from 1713 to 1768 was
unfortunately too short to have had time to durably mark the history of its
time. It is rather its tragic destiny which marked the romantic 19th century and
was favorable to the birth of the mythical, be it only for the two falls and the
failure of the attempt at re-conquest by the duc d’Envi11e, in 1746, who paid
with his life ; his remains were transferred to Louisbourg in 1749 to be
solemnly inhumed in front of the altar of the chapelle of the King’s Bastion. |
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| Louisbourg ou
Louisebourg ? Déjà une interrogation. Dans les archives de l’époque,
aux orthographes souvent fantaisistes, telles que prononcées, on ne trouve
guère ce « e », alors qu’aujourd’hui en France on entend le
plus souvent, et spontanément, Louisebourg
!
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Loui’bourg or Louis(e)bourg in French ?
Already a question.
Whereas in the archives, with often rather whimsical spelling (as pronounced) no
e is evident, as occasionally might be expected, today in France is most often
heard spontaneous1y Louis(e)bourg ! |
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| C’est là un phénomène de phonétique d’autant plus
surprenant que ce nom est très peu connu en France, car Louisbourg n’est qu’un incident mineur dans l’histoire de France, et
pas un fleuron de gloire, surtout comparé à la victoire de Fontenoy qui eut
lieu, malheureusement pour nous, au temps de sa première chute.
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A phenomenon of phonetics.... It is al1
the more surprising that the name is little known in France, at least by the
general public. For it is but a minor incident in popular history, and not a
glorious one at that, specially when compared to the victory of Fontenoy which
occurred at the time of the first fall in 1745. |
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| Le TRAITE d’UTRECHT en 1713 confirmait la perte de l’Acadie
et de Terre-Neuve, mais conservait pour la France les îles Saint-Pierre et
Miquelon, l’île Saint-Jean (aujourd’hui. île du Prince-Edouard) et celle du Cap-Breton, qui
devenait l’ISLE ROYALE, où s’installèrent les
Français en divers lieux.
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Following the Treaty of UTRECHT in 1713 the French in Isle
Royale settled in various places, mainly Port Dauphin (Saint Ann’s), Port
Toulouse (Saint Peter’s), Port à l’Anglois (Louisbourg). |
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| La réponse des Acadiens à l’invitation de venir peupler l’arrière-pays
de la nouvelle colonie fut plutôt décevante : à peine plus de 60 familles y
vinrent de 1714 à 1734, surtout à Port-Toulouse et l’Ile-Madame, dont à
peine 20 y étaient encore lors du recensement de 1734, qui ne donnait par
ailleurs que 6 familles acadiennes de souche à Louisbourg, dont 4 par les
épouses de militaires et de fonctionnaires. Mais cela ne fut pas
nécessairement au détriment de la nouvelle colonie. L’opinion émise par l’ingénieur
Verville dès le début que les Acadiens seraient plus utiles là où ils
étaient, sera par la suite confirmée par leur contribution au ravitaillement de
Louisbourg, en
contrebande sous le nez des Anglais.
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The answer of the
Acadians to come and settle in the hinterland was rather disappointing :
hardly more than 60 families came from 1714 on, mainly at Port Toulouse and Ile
Madame, of which some 20 only were still there at the 1734 census, which, by the
way, numbered but 6 Acadian families in Louisbourg itself, for of which were by
wives of the military or of civil servants. However this was not necessarily to
the detriment of the colony. From the very first, engineer Verville had been of
the opinion that the Acadians wou1d probably be of more service in Acadia. This
was eventually confirmed by their important contribution of all sorts of
supplies to Louisbourg and the colony in contraband under the nose of the
English. |
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| La CONSTRUCT1ON de Louisbourg dura une trentaine d’années.
Dés 1717, les premiers d’une impressionnante série de dessins nous montrent
une vue sommaire de la ville et une esquisse des premières rues de même que
des projets de fortifications.
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The
CONSTRUCTION of Louisbourg lasted thirty years or so. By
1717 the first of an impressive collection of drawings show a summary view of
the town and harbor and a plan of the town with an outline of projected streets
and fortifications. |
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| Des Acadiens contribuèrent certainement à la construction
de Louisbourg puisqu’il y avait parmi eux au moins 7 constructeurs, 10
charpentiers, 2 menuisiers et 1 maçon. Nous n’en connaissons cependant que
deux cas pour Louisbourg : deux frères, en 1714, s’arrêtèrent à Louisbourg
pour construire la maison de Jean-Baptiste Rodrigue, pêcheur et marchand, né
au Portugal, époux d’une Acadienne et Joseph Dugas, constructeur, venu dès
1714 s’installer à demeure à Louisbourg, un des rares Acadiens à le faire.
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Some Acadians certainly contributed to the construction,
since amongst the first arrivals were at least 7 builders, 10 carpenters, 2
joiners and 1 mason. However only two cases are known for Louisbourg itself :
two brothers in 1714 stopped in town to build the house of Jean-Baptiste
Rodrigue, fisherman and merchant, born in Portugal and married to an Acadian ;
also Joseph Dugas, a builder established in Louisbourg in 1714, one of the few
Acadians to do so, built his own house in 1724. |
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| Ce n’est qu’en 1719 qu’eut lieu la fondation officielle
de LOUISBOURG comme capitale de la nouvelle colonie, vu son grand port bien
protégé, et en principe à l’abri des glaces l’hiver, malgré certaines
importantes faiblesses bien connues du point de vue fortification. Mais le but
principale en vue était d’abord un port de pèche et de commerce, et base
navale jusqu’à un certain point, à protéger par des remparts, comme il
était plus ou moins typique de le faire en France, plutôt qu’une
installation purement militaire qui aurait été une forteresse en bonne et due
forme. Pourtant le mythe de la "forteresse imprenable "
naissait dès le 15 août 1745: ce jour-là, à peine deux mois après la
première chute, les " NOUVELLES A LA MAIN " rapportaient: " Les
Anglais se sont emparé de la ville et forteresses (sic) de Louisbourg,
qui, après 48 jours de siège s’est enfin rendue le 28 juin dernier... Cette
place d’ailleurs impénétrable ne se serait jamais rendue si elle
avait été pourvue de vivres et de munitions de guerre. "
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It is only in 1719 that Louisbourg was officially founded as
the capital of the new colony, due mostly to its large well protected harbor
more or less free of ice in winter, but in spits of well known weaknesses from
the point of view of fortifications. The main aim in view was first of all a
fishing and commercial port, and naval base to a certain point, to be protected
by ramparts as was more or less typical to do in France, rather than a purely
military installation. Nevertheless the "fortress" myth showed up as
early as August 15 1745 : on that day, hardly two months after the first fall
the NOUVELLES A LA MAIN ( a hand-written journal) reported : "The English
have seized the town and forteresses (sic) of Louisbourg, which, after 48 days
of siege finally capitulated on June 28 last... This place however impenetrable
would not have surrendered had it been supplied with provisions and munitions of
war ". |
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| Mais le mythe n’exprime-t-il pas souvent une vérité
profonde sous-jacente ou même un désir dont on rêve... un château en Espagne,
quoi ? Car comme nous dit B. Fry dans UN AIR DE FORT : "Louisbourg
tomba aux mains des ses ennemis après avoir résisté, seul et sans aide,
beaucoup plus longtemps que ses nombreuses insuffisances auraient pu le laisser
espérer. Et en fin de compte fit fonction de forteresse en retardant la prise
de Québec. Dans ce contexte, Louisbourg apparaît, non comme l’une des
grandes forteresses, mais comme l’un des rares endroits méritant quelque peu
cette appellation... l’enceinte de Louisbourg telle que projetée initialement,
n’était guère plus qu’un simple ouvrage à corne...traditionnel, les
défenses de la ville n’étant conçues que pour résister à un ennemi tout
près", mais en devenant un "ouvrage à double couronne" par "les deux buttes choisies pour être les points avancés",
pour ainsi, selon N. Faucherre dans PLACES FORTES BASTION DU POUVOIR, " s’adapter
systématiquement au relief du terrain" selon le "seul principe"
de Vauban pour qui "l’art de la fortification ne consiste pas dans
des règles et des systèmes, mais uniquement dans le sens de l’expérience.".
Mais. là où l’on s’approche davantage de Vauban c’est dans les projets
de modifications de l ’ingénieur Franquet en 1751. Seulement une infime
partie avait été mise en chantier lors du siège du 1758, qui vit Louisbourg
encore une fois se rendre faute de secours devant des forces bien supérieures,
mais sans prise d’assaut, donc "impénétré". Ce qui semble
confirmer le mythe de "place d’ailleurs impénétrable.." |
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But doesn’t the myth often express an underlying truth or
even wishful thinking, ...a Castle in Spain, as the French saying goes ;
"of such stuff our "myths" are made", to paraphrase
Shakespeare (?). For, to quote Bruce Fry AN APPEARANCE OF STRENGTH : "Louisbourg
fell to the besieging, armies after resisting alone and unaided, for much longer
than could have been expected considering its many defects ... Obstacle barring
the route to Quebec and Canada ... Louisbourg may be seen not as one of the
great fortresses, but as one of the very few places remotely deserving of the
description ... As first conceived the enceinte of Louisbourg was little more
than a basic horn-work ... traditionally designed to deal with an enemy at close
quarters" ... (with) "
two knolls chosen as the foremost points of the double-crown work". Thus
"a la Vauban" perhaps mythical ? Yet, to quote N. Faucherre in
PLACES FORTES BASTIONS DU POUVOIR ... "adapting systematically to the
relief of the terrain, following the only principle of Vauban for whom the art
of fortification does not consist of ru1es and systems but only in
experience" But the influence of the great man is more evident in the
various modification projects by Franquet in the early 1750’ s. However only
the additional outer-works outside the Queen’s Gate and the Princess Bastion
has been implemented by the time of the second siege of 1758, which saw once
again Louisbourg surrendering to much superior forces, for the want of outside
help, but, however, without actual assau1t, therefore "unpenetrated",
thus confirming the myth of "impenetrable place" ? |
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| Et en 1768 la garnison anglaise quitte définitivement
Louisbourg l’abandonnant à ses ruines qui. vont peu à peu se fondre dans
cette "verte solitude ... la Dunkerque d’Amérique d’antan ... les
vestiges de ses vastes défenses parlant encore de vaillance et de désolation.."
selon les paroles souvent citées de F. Parkman au siècle dernier.
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In I768 the English garrison leaves
Louisbourg, abandoning it
to its ruins to gradually become : "This grassy so1itude ... once the
Dunkirk of America ... the remains of its vast defenses still tell their tale of
human valor and woe", in the words of the nineteenth century American
historian Francis Parkman. |
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| Nous voilà donc en plein siècle romantique avec
"Gibraltar du nord", "Modern Carthage" du Premier Ministre
anglais, "Dunkerque du nord," de Thomas Pichon dans MEMOIRES DU CAP
BRETON.
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And thus the romantic century will keep on seeing in
Louisbourg as the "Gibraltar of the North" ... "Modern
Carthage", in the word of the British Prime. Minister to justify its
demolition, ... "Dunkerque du Nord" in MEMOIRES DU CAP BRETON by
Thomas Pichon. |
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| Et Louisbourg continue de susciter quelques intérêts
passagers au cours du siècle si bien qu’en 1895, les Américains y érigent
une colonne commémorative.
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And thus Louisbourg continues to raise occasional passing
interest in the course of the century so that eventually the Americans erect a
commemorative column in 1895. |
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| Le XXe siècle voit peu à peu grandir l’intérêt
pour Louisbourg, grâce, en 1902, à l’impulsion donnée par les interventions
répétées du Sénateur Pascal Poirier, et, en 1906, aux efforts du Capitaine
Kennelly qui réussit à faire déclarer Louisbourg Monument Historique National
. "Il mit en route le projet, (qui demeura sans suite), de
construire une tour pour abriter un musée aussi bien que des plaques de marbre
portant les noms des vaisseaux, régiments et officiers ayant combattu lors des
deux sièges. Sous la tour, il envisageait des chambres mortuaires souterraines
pour recevoir les reliques (sic) des morts trouvés sur place et ... les restes
de héros canadiens de l’avenir. Devant la tour, il proposait d’ériger une
statue équestre en bronze d’Edward VII, le Pacificateur "! (Traduction
d’un rapport de l’époque). |
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The 20th century from the beginning, sparked off by the
American monument, saw an increase of interest for the "decaying city"
thanks to the impulse given by Senator Pascal Poirier in the High Chamber in
1902. By 1906 Captain D.J. Kennelly, an industrialist from Ireland, become
manager of the Sydney & Louisbourg Coal and Railway Company, had the N.S.
Legislature declare Louisbourg Historical Monument. Before that he had already
proposed "the erection of a large masonry tower within which there would be
a museum as well as marble plaques listing the names of the ships, regiments and
officers who fought in each siege. In front of the tower he planned to erect a
bronze equestrian statue of Edward VII, "The Peacemaker". Beneath the
tower Kennelly envisioned "underground Mortuary Chambers to contain the
relics of the dead found on the site and ... for the remains of Canadian heroes
of the future". (A J.B. Johnston in Acadiensis XII, No.2, 1983 : PRESERVING
HISTORY : LOUISBOURG) |
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| Mais, à partir de 1908, c’est surtout grâce à
J.S.
McLennan, riche industriel à la retraite et directeur du journal SYDNEY POST,
et plus tard sénateur, et à sa fille qui continua son œuvre, que Louisbourg
émergea de l’ombre en passant par diverses étapes :
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From 1908 on it is mostly thanks to J. S. McLennan, retired
industrialist, owner of the SYDNEY POST and later Senator, and to his daughter
who continued his work, that Louisbourg emerged from the shadowy past in
successive stages: |
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1918 : il publie la première étude historique très
complète LOUISBOURG FROM ITS FOUNDATION TO ITS FALL qui demeure l’ouvrage de
référence encore aujourd’hui,
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1928 : le gouvernement canadien devient propriétaire des
lieux et désigne Louisbourg "Lieu historique national ",
-
1936 : 1e musée est
construit, Katherine McLennan, aussi
intéressée que son père, en devient conservateur honoraire; elle y consacra
le reste de sa vie et verra le début de la reconstruction, ce qui ne sera pas
le cas de son père décédé en 1939.
-
1940 : est créé le PARC HISTORIQUE NATIONAL de la
FORTERESSE de LOUISBOURG, bien que déjà en 1929 McLennan et ses collègues se
fussent opposés à cette appellation de "forteresse" comme n’étant
pas d’usage à l’époque pour une ville fortifiée,
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1961 : le gouvernement canadien décide de reconstruire une
partie de la ville, afin de mettre en valeur ce patrimoine historique
exceptionnel.
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1908 : he proposes the reconstruction of the intendant’s
house as a museum.
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1918 : he publishes LOUISBOURG FROM ITS FONDATION TO ITS
FALL, completed in 1913, which remains the main reference work.
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1928 : the Canadian Government becomes proprietor of the
site and declares it NATIONAL HISTORIC SITE.
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1936 : the museum is built and Katherine
McLennan becomes
honorary curator, devotes the rest of her life to it and sees the beginning of
the reconstruction, which will not be the case for her father, deceased in
1939.
-
1940 : the site becomes officially FORTRESS OF LOUISBOURG
NATIONAL HISTORIC PARK, although already in 1929 McLennan and his colleagues
were opposed to the appellation of "fortress"
as not in usage at the period to designate a fortified town.
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1961 : the Canadian Government decides to rebuild part of
the town and its fortifications to show to advantage this exceptiona1 historic
heritage.
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L’ouverture au public se fit progressivement à partir de l’inauguration
du Bastion du Roi en 1969, jusqu’à l’aboutissement du projet en 1983.
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The opening to the public took place gradually from the
inauguration of part of the King’s Bastion Barracks in l969, to become fully
accessible to visitors by the end of the reconstruction program in 1983. |
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| Ce qui semble frapper davantage certains connaisseurs
européens, c’est le fait d’une reconstruction à partir de vestiges de
fondations, qui d’ailleurs purent, dans quelque cas, être
incorporées, une
fois consolidées. Car les seules vraies ruines apparentes étaient celles des
casemates du Bastion du Roi, qui donnèrent lieu aux élans romantiques du 19e
siècle.
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| Mise en chantier dès 1963, la reconstruction s’échelonna
sur vingt ans, et cela au coût de quelque 26 000 000,00 $ canadiens, ce que l’on
ne manqua pas de critiquer, comme il en avait été à l’époque. Témoin la
réflexion " mythique " de Louis XV qui aurait dit s’attendre à
voir les tours de Louisbourg un beau matin poindre à l’horizon, tellement
cela coûtait cher. Pourtant, d’une part, il reste encore à trouver l’origine
de cette petite phrase, et, d’autre part, selon F. Thorpe dans REMPARTS
LOINTAINS : " Une partie des quelques 4 ou 5 millions de livres
consacrées aux travaux de construction, soit moins que ce que coûterait le
maintien dans la région d’une force navale puissante, revient d’ailleurs à
la France en vertu des marchés passés avec des entrepreneurs et des
fournisseurs de la métropole... 1es estimations antérieures de 20 ou 30
millions, sont fort inexactes". |
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Started
in 1963 the actual reconstruction, of about one quarter of the overall
area, lasted therefore twenty years, at a cost of about $26 million,
which did not miss attracting criticism, as had been the case at the
time with Louis XV’s mythical comment that he expected one fine
morning see the towers of Louisbourg piercing the horizon at Versailles,
such was the cost ! However not only is the source of such a
comment yet to be found, but, to quote summarily (in retranslating) F.
Thorpe in REMPARTS LOINTAINS : "The 4 or 5 million livres assigned
to the construction was 1ess than wou1d have been the cost of
maintaining a strong naval force in the region. ... and therefore
previous estimations of 20 to 30 millions are quite inexact" |
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| Et voilà notre Louisbourg qui, comme le
phénix, renaît de
ses « restes », reconstruit avec un tel souci d’authenticité qu’on
y retrouve beaucoup des mêmes problèmes d’entretien que dans le temps,
hélas! C’est pourquoi nous sommes persuadés, cependant, que les revenants,
dont certains croient y avoir senti la présence, nous reviennent parce qu’ils
se sentent à l’aise, et qu’ils ne découvriront pas de sitôt nos prodiges
de camouflage pour masquer les services indispensables. Car c’est le
Louisbourg d’aujourd’hui qui est maintenant le vrai et qui doit vivre, qui a
donc ses exigences et qu’il faut guider vers son destin. Que sera-t-il ce
destin, une fois passé l’engouement pour les musées " vivants
" ?
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And thus Louisbourg relives, arisen like the phoenix from its
"remains", rebuilt with such care for authenticity that many of the
same maintenance problems are recurrent. That is why the hope is that the
ghosts, who seem to have made their presence felt, come because they feel at
home. But it is hoped also that they will not discover too soon our feats of
camouflage to hide the indispensable modern services.
For, the present day Louisbourg is the real one now, with its
needs and problems, to be guided on to its destiny. What will be this destiny
once the infatuation for living museums has passed ? For once the architect
can end his piece on a question . |
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Chronologie
— Traité d’Utrecht : la France perd l’Acadie
et Terre-Neuve dont la colonie de Plaisance se transporte au Cap-Breton, qui
devient l’Isle Royale, et s’installe principalement au Havre-à-l’Anglois
qui devient Louisbourg.
1714
— Premières constructions
provisoires. Esquisses
des fortifications.
1717
— Tracé définitif des bastions et des premières
rues par l’ingénieur Verville.
1717-19 — Projet de plan-relief d’après les premiers
dessins des fortifications.
1719
— Choix de Louisbourg comme
capitale. Médaille
frappée pour l’occasion en 1720; — Premier énoncé de législation urbaine
et début de construction.
1723
— Plan directeur : 40
îlots, 16 rues en quadrillé, places, jardin du Roi, etc., et fortifications côté
terre.
1724
— Étienne Verrier succède à
Verville comme
ingénieur en chef.
1731
— Construction de la tour de la
Lanterne, premier
phare en Nouvelle-France; — Des vues et plans généraux montrent déjà un
port de mer en pleine activité.
1734
—
Recensement: population de 3 380, dont 1 116 à Louisbourg, garnison de 528; — Toisé
général: 18 rues, une grande place, 47 îlots, 162 terrains concédés, quelque 130
maisons, la plupart avec cour,
jardin et dépendances; — Les principaux bâtiments du roi sont à peu près
terminés de même que les fortifications côté terre et celles côté mer sont
en projet.
1737
— Un incendie détruit plusieurs maisons sur le
"Quay"; suit une ordonnance en faveur de la pierre pour les futures
constructions en ce lieu.
1744
— Construction
terminée: la ville est
complètement entourée de ses remparts : 4 bastions, 2 demi-bastions, 4 portes,
et diverses batteries protégeant le port et son entrée, au coût d’un peu
plus de 4 millions de livres; — Déclaration de guerre entre la France et l’Angleterre.
1745
— Mai et
juin: premier siège et prise par les
Anglais de la Nouvelle-Angleterre.
1745 à 1748
— Occupation anglaise : quelques
réparations, modifications et nouvelles constructions (casernes du bastion de
la Reine, etc.)
1748
— Traité d’Aix-la-Chapelle : retour des
Français.
1751
— Louis
Franquet, le nouvel ingénieur, propose d’importantes
améliorations pour rendre les fortifications plus conformes aux principes de
Vauban; elles ne seront que partiellement mises en chantier.
1752
— Recensement : 4 140 habitants, dont 2 450 à
Louisbourg, et garnison de 1 500.
1756
— Début de la Guerre de Sept Ans entre la France
et l’Angleterre.
1758
— Juin et
juillet: second siège et perte
définitive de Louisbourg.
1760
— Démolition des fortifications, par le Com.
Byron, grand-père du poète.
1763
— Traité de Paris: la France perd toutes ses
possessions au Canada.
1768
— La
ville, en état avancé de délabrement, est
définitivement abandonnée par la garnison au profit d’Halifax fondée en
1749, où l’on trouve encore des pierres provenant des ruines de Louisbourg,
qui ne conserve que quelques traces pour "nourrir un nostalgique souvenir
jusqu’à nos jours".
1903
— Premier projet de musée (sans suite).
Consolidation de vestiges de fondations et de casemates en ruines.
1906
— Louisbourg reconnu comme monument historique par
la Nouvelle-Écosse.
1918
— Publication de Louisbourg from its Foundation to
its fall par J. S. McLennan.
1928
— Louisbourg devient propriété de l’État et
est déclaré Lieu Historique National.
1936
— Construction du Musée sous l’égide de
Katherine McLennan.
1940
— Le site devient officiellement Parc Historique
National de la Forteresse de Louisbourg.
1960
— Décision du gouvernement Canadien de
reconstruire une partie de la ville, à l’occasion du Centenaire du Canada en
1967, pour venir en aide à l’économie du Cap-Breton en contribuant à son
potentiel touristique.
1963
— Début des plans et travaux après d’intensives
recherches.
1969
— Inauguration du Bastion du Roi partiellement
terminé et ouverture progressive au public.
1972
— Etude et mise en chantier des
portes, rues, maisons, etc., de la ville.
1983
— Fin du programme de reconstruction d’un peu
plus du quart nord-ouest de la ville donnant sur le port, au coût d’un peu
plus de 26 000 000.00 $.
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Chronology
— Treaty of Utrecht: France looses Acadie and
Newfoundland whose colony of Plaisance moves to Cap-Breton, which becomes Isle
Royale, and settles mainly at Havre-à-l’Anglois, which becomes Louisbourg.
1714
— First temporary constructions and lay-out of
fortifications.
1717
— Definite outline of Bastions and first streets
by Engineer Verville.
1717-19 — Scale model of projected town and
fortifications for the royal collection.
1719
— Choice of Louisbourg as capital. Medal struck
for the occasion in 1720. First urban legislation. Start of construction.
1723
— Site Development Plan: 40 blocks, 16 streets,
one large central square, a King’s Garden, landward fortifications.
1724
— Étienne Verrier succeeds
Verville as Chief
Engineer.
1731
— Construction of the
«Lanterne» tower, first
light-house in New France. Views and general plans already show a seaport in
full activity.
1734
— Census: population of 3,380 (1,116 of which in
Louisbourg), garrison of 528. General survey: 18 streets and 1 square, 47
blocks, 162 lots conceded, some 130 houses, most of which with yard, garden and
out-buildings.
Principal King’s buildings are nearing completion as well
as landward fortifications; seaward fortifications are sketched out.
1737
— A fire destroys several houses along the
«Quay»; follows an ordinance recommending stone for buildings in this area.
1744
— The town is completely fortified: 4 bastions, 2
demi-bastions, 4 gates, various batteries protecting the harbour and its
entrance, at the cost of a bit more than 4 million «livres». Declaration of
war between England and France.
1745
— May-June: first siege and capture by the English
of New England.
1745-1748
— English occupation: some repairs and
modifications as well as new construction such as the Queen’s Bastion
barracks.
1748
— Treaty of
Aix-la-Chapelle: return of the French.
1751
— The new engineer, Louis
Franquet, proposes
ambitious improvements to the fortifications more consistent with the Vauban
«systems», which will only partially be implemented.
1752
— Census: 4,140 inhabitants (2,450 in
Louisbourg),
garrison of 1,500.
1756
— Beginning of the Seven Years War between France
and England.
1758
— June-July: second siege and capture by the
English under General Wolfe.
1760
— Demolition of the fortifications (by Com. J.
Byron, grand-father of the poet).
1763
— Treaty of Paris: France cedes all possessions in
Canada.
1768
— The town, in an advanced state of disrepair, is
abandoned by the garrison in favour of Halifax, founded in 1749, where are still
found many stones from the ruins of Louisbourg, where there remains but some
traces to «nourish a nostalgic souvenir» to this day.
1903
— First project for a museum; consolidation of
exposed foundations and remains of casemates.
1906
— Louisbourg proclaimed historical monument by
Nova Scotia.
1918
— Publication of Louisbourg from its Foundation to
its fall by J. S. McLennan.
1928
— Louisbourg declared «National Historic Site»
and becomes state property.
1936
— Construction of the Museum under the guidance of
Katherine McLennan.
1940
— Louisbourg becomes «Fortress of Louisbourg
National Historic Park».
1960
— Canadian Government decision to reconstruct part
of Louisbourg as a 1967 centennial project in order to help the Cape Breton
economy by increasing its touristic potential.
1963
— Start of construction following extensive
research.
1969
— Inauguration of the King’s Bastion, partially
completed, and progressive opening to the public.
1972
— Design and, eventually, start of work on the
town: streets, gates, housing, etc.
1983
— End of reconstruction program: about one quarter
of the town and its fortifications at the cost of about $ 26, 000,000. 00.
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L’architecture à Louisbourg
Sans être de qualité
exceptionnelle, elle ne manquait pas d’originalité,
ne serait-ce que pour les élégantes flèches qui ponctuaient sa silhouette :
celle de l’Horloge des "Cazernes du Bastion du Roy", dont le dessin
bien détaillé nous permit de la reconstruire à l’authentique, et celle,
peut-être plus originale, de l’Hôpital, tout aussi bien détaillée.
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Architecture at Louisbourg
Without being of
exceptional quality it did not lack
originality nor a certain elegance, be it only for the fine spires punctuating
its skyline : on the clock-tower of the King’s Bastion Barracks, whose
finely detailed drawing made for an authentic reconstruction, and perhaps the
more original one on the hospital just as well detailed.
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| Ce Corps des Casernes du Bastion du Roi, dominant la
ville était, avec ses 340 pieds (111m=364')
de longueur, le plus grand édifice de son temps en Amérique, et avait fière
allure, malgré un certain manque de symétrie vu que le pavillon de l’intendance,
qui aurait fait pendant à celui du gouverneur, ne fut jamais surélevé, le
commissaire-ordonnateur refusant de s’y installer, préférant travailler dans
sa maison sur le Quay. Construit en brique et pierre, peut-être plus typique du
siècle précédent, il est de proportions harmonieuses et d’une sobriété de
bon aloi. La chapelle, au plafond en "voûte en arc surbaissée et à
lunettes", comportait un autel à grand retable classique à colonnes
détachées et une "Sainte Table" d’un dessin bien étudié. |
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The King’s Bastion Barracks, proudly overlooking the town,
was, with its «340 pieds» (364'-0''=111m)
length, the largest edifice of its time in America. Its handsome aspect was not
too much impaired by a certain lack of symmetry since the administration wing
was never raised to match the Governor’s wing at the other end, the civilian
administrator refusing to work there, preferring his own house on the Quay.
Built of brick and stone, perhaps more typical of the
preceding century, it was of harmonious proportions and good esthetic
appearance. The chapel, which served as parish church, with its depressed curve
vaulting and «lunette» window heads, was enhanced by an altar backed by a
classic «retable» with detached fluted columns. The altar rail had in-curved
ends of fine design.
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| La
monumentalité, si typique de l’architecture, dite classique, de cette époque trouvait sa place à
Louisbourg, surtout en ce qui
concerne trois des quatre portes de la ville. La Porte Dauphine, entrée
principale de la ville côté terre, était d’un bel aspect et d’une
certaine originalité avec son simple fronton portant les Armoiries Royales, aux
"dauphins" enroulés remplaçant les supports habituels. Elle était
flanquée de piliers imposants qui, selon le dessin du projet, étaient coiffés
de trophées à cuirasses et casques à la romaine, aux boucliers portant les
blasons de France et de Navarre, alors que les fragments trouvés dans le fossé
indiquaient clairement les sculptures sans panache et plutôt naïves que l’on
peut voir.
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The monumentality, so typical of the classical architecture
of the time had a place in Louisbourg, specially as seen in three of the four
city gates. The Porte Dauphine, principal entry to the town by land, had
a tasteful elegance and a certain originality with its very simple and light
«fronton» bearing the Royal arms flanked by unexpectedly curved «dolphins».
The imposing finely profiled pillars on either side were to be capped, according
to the design, by elaborate «trophées» made up of roman type cuirasses and
helmets with shields bearing the coat of arms of France and Navarre, whereas
fragments found in the ditch indicated clearly a much simpler, even rather
naïve, sculpture as can be seen in place.
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| La Porte Frédéric, donnant sur le port, dominait le
"Quay" de son haut toit brisé, dit à la "mansarde", forme
exceptionnelle pour une porte de ville. Cette porte est particulièrement
intéressante à plusieurs autres points de vue : flanquée de deux obélisques
aux pointes en fleur de lys, elle est sans pont-levis ni défense, donc purement
de parade comme en témoigne d’ailleurs sa construction en bois. Selon le seul
document disponible à son sujet, un dessin en élévation et en coupe très
étudié, si bien que les dimensions de ses diverses parties reflètent les
proportions du nombre d’or, et une étude sommaire semble indiquer une
composition sur un tracé régulateur : ceci pourrait être le sujet d’une
étude plus poussée.
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The Porte Frédéric, opening on the harbour,
dominated the «Quay» with its broken roof «à la Mansard», an exceptional
form for a town gate. It is particularly interesting in several other ways :
flanked by two obelisks topped by fleur-de-lis, it has no drawbridge nor any
defense; it was therefore purely for show; one wonders why; and this is
confirmed by its wood construction, as seen on the only document available: a
very well studied drawing in elevation and section. The proportions of the
various parts reflect fairly closely the golden number; a summary study
indicates a very careful composition, even a «tracé régulateur» apparently,
which could be the subject of a more complete study. |
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| On pourrait s’interroger sur le pourquoi de cette
construction en bois aussi bien que sur son nom. On avait fort critiqué la Porte
Maurepas, construite peu de temps auparavant, beaucoup plus typiquement et
même avec un certain panache, en monument destiné à afficher le prestige du
Roi vers la "mer du large", mais ouvrant sur rien d’autre que la
pointe de Rochefort qui, soit dit en passant, aurait pu lui donner un nom bien
plus approprié puisqu’elle pointe précisément sur l’Arsenal du même nom,
à peu près au même degré de latitude (46e parallèle).
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One could very well wonder why such a wood construction as
well as such a name. The Porte Maurepas had been strongly criticized for
the expense when built a short time before: it was much more typical of the
«panache» and monumentality destined to show the King’s prestige towards the
sea approach, but led nowhere but to Rochefort Point, which, however, pointed
directly to Rochefort, Louisbourg’s supply base, which is practically on the
same latitude, the 46th parallel, and would have been a more appropriate name
for it. |
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| D’ailleurs on pourrait aussi s’interroger sur le pourquoi
de deux portes au nom de Frédéric de Maurepas, ministre de la Marine et de la
Maison du Roi, alors que la Porte de la Reine est à peine plus qu’une poterne
et, encore plus étonnamment, il n’y a aucune Porte Royale!
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One could further wonder why the two main gates are named
after the Minister Frédéric de Maurepas whereas the Porte de la Reine
is but a back entrance, as it were, although defended by a drawbridge. More
astonishingly still, there is no King’s gate. |
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| La médaille de la pierre angulaire porte l’effigie du
jeune Louis XV, de J. Leblanc, une vue du port et l’inscription en latin
"Louisbourg fondé et fortifié 1720".
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The corner-stone medal bears the effigy of Louis XV, by J.
Leblanc, a view of the harbour and the inscription in latin «Louisbourg founded
and fortified 1720». |
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| Les maisons étaient pour la plupart en bois, soit en "piquets"(de
simples rondins debout), au tout début, soit éventuellement pour le plus grand
nombre en "charpente" (structure de bois, apparente ou revêtue de
planche ou de madrier). Il y avait aussi un certain nombre de maisons plus
importantes, construites en pierre, comme les bâtiments du Roi.
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Houses were built mostly in wood : either
«piquets» (small
logs placed upright in the ground) in the early days, or eventually, for most of
them, «charpente» (heavy timber frame i.e. half-timber), left exposed, or
either boarded or planked. A certain number of the more important residences
were built of stone, as were all the King’s buildings. |
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| En général bien
fonctionnelles, elles reflétaient à
divers degrés un souci d’équilibre typique de l’époque, en particulier
par le rythme plus ou moins régulier des ouvertures dans les façades. Les
agencements intérieurs, avec souvent des pièces communicantes, sans corridor,
"en enfilade", selon le terme d’architecture, étaient assez
courants à l’époque pour une maison même ordinaire, si on juge par l’emplacement
des foyers révélé par la fouille archéologique.
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In general quite functional, they reflected to various
degrees a sense of balance and symmetry by a more or less regular spacing of
openings on the façades. Interior lay-outs often had rooms in a row without
corridor, «en enfilade», according to the architectural term and trend of the
period even for a fairly modest house; this was evidenced by the location of
fire-place bases as found in the archaeological investigation. |
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| Les toitures étaient assez souvent "à croupes", c’est-à-dire
à quatre pentes, dont celles des bouts à angle plus élevé, comme on le voit
souvent en France et au Québec. Il n’y a qu’un seul exemple précis de toit
brisé dit "à la Mansard" et les quelques mentions de mansardes
indiquent le plus souvent l’étage en "grenier" sous les combles.
Les couvertures étaient normalement en ardoise pour les bâtiments du roi et en
bardeau pour les maisons en général, alors que la planche, la dosse ou même
de la motte de gazon, couvrait les premières constructions en piquets et les
dépendances.
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Roofs were often «en
croupe», i.e. hipped, with the end
slopes at a steeper pitch as common in France and Quebec. There is only one main
example of a broken or curb roof, «à la Mansard», and some of the few
mentions of mansardes referred to attics or garrets under the sloping roof.
Roofing material was usually slate for King’s buildings and wood shingles for
most houses, whereas boarding, slabs or even sod occurred on some of the first
«piquet» buildings and some out-buildings. |
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| Les bâtiments du roi étaient également fonctionnels et
sans prétention architecturale mais avec un certain goût selon les normes de
la mère-patrie. La brique et la pierre en étaient typiques, cependant les
quartiers de l’ingénieur et du commissaire-ordonnateur étaient tout en
pierre. Les sculptures décoratives furent refaites, d’après les
dessins, en
pierre calcaire provenant d’une carrière voisine de celle de l’époque. L’église
paroissiale et le "nouveau corps de Cazernes", demeurés en projet,
auraient rehaussé l’aspect architectural de la ville, comme le faisait d’ailleurs
l’hôpital avec son clocher original et raffiné.
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The King’s buildings were equally functional with no
particular architectural pretension but showing a certain care in design as in
the mother-country; brick and stone were typical, as well as only stone. The few
decorative sculptures, recreated from good period drawings, or fragments found
are of limestone from a quarry neighbouring the one which had furnished the
original.
The parish church, proposed in 1731, and a new barracks
complex, proposed in 1737, which were never built, would have enhanced the
architectural aspect of the town. |
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| Des dessins de 1733 pour le logement du commandant à Port
Toulouse et celui du lieutenant de Roi à Port LaJoie, donnent une bonne idée
du style fruste, mais assez harmonieux, de maisons typiques de Louisbourg en
pierre et en "charpente" ou "pan-de-bois".
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Drawings of 1733 for the commandant’s quarters at Fort
Toulouse and Fort LaJoie give a good idea of the basic but harmonious style of
what could be taken as typical Louisbourg houses in both stone and «charpente»
or half-timber, known in France today as «pan de bois». |
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| Les fortifications de Louisbourg font le sujet du livre Un
Air de Fort de B. Fry et il suffira ici d’en citer quelques lignes : "les
défenses de Louisbourg, quoique simples et inadéquates selon les normes
européennes, étaient conçues tout à fait selon les méthodes et théories
qui remontent à Vauban et plus loin encore aux ingénieurs italiens au service
de François 1er. Le système bastionné dominait l’architecture
militaire européenne, depuis plus d’un siècle...il commençait même à
montrer des signes de désuétude".
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The fortifications of Louisbourg are the subject of an
exhaustive study by Bruce Fry in An appearance of Strength; suffice it here to
quote a few lines: «Louisbourg’s defenses, albeit simple and inadequate by
European standards, were squarely in line with the methods and theories dating
back to Vauban and beyond him to the Italian engineers who served under Francis
I. The bastioned system had dominated European military architecture for well
over a century prior to Louisbourg’s founding and was showing signs of
obsolescence.» |
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| Le port était défendu principalement par la Batterie
Royale,
imposante et originale, en face du goulet d’entrée du port protégé, lui,
par une autre batterie sur l’île de l’entrée.
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The harbour was defended principally by the quite original
Royal Battery facing the narrow entrance, itself protected by the Island
Battery.
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| Maquette : en 1717, l’ingénieur
Verville rentre en
France avec "tous les plans profiles et développements... nécessaires
pour faire un plan en relief...de la partie méridionale du port...avec les
projets de fortifications" pour la collection royale de "maquettes des
lieux fortifiés à vocation stratégique". Jugé "complètement hors
service" en 1872, ce plan-relief sera détruit, avec ceux de Montréal et
de Québec
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Scale model: In 1717 engineer
Verville returned to France
with «all the plans profiles and details...necessary to make a plan in
relief...of the southern part of the harbour...with the fortification projects»
for the royal collection of fortified places to scale for strategic purposes.
Considered «completely out of use» in 1872 it was destroyed with the Quebec
and Montreal ones. |
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| Quant aux fortifications plus
éloignées, il y avait le fort
de Port Toulouse, à Saint-Pierre, en Isle Royale, et celui de Port LaJoie,
beaucoup plus éloigné en Isle Saint-Jean, protégeant le port de ce qui est
aujourd’hui Charlottetown en Ile-du-Prince-Édouard.
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As to the outlying defenses there was the fort at Port
Toulouse to the west on Isle Royale, closer to the mainland, and further away on
Isle Saint Jean (Prince Edward Island) was the one at Port LaJoie, protecting
the entrance to the harbour of what is now Charlottetown. |
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| L’urbanisme à Louisbourg ne pouvait présenter l’aspect
formel et équilibré de certaines villes fortifiées de Vauban, comme
Neuf-Brisac, et eut à s’accommoder d’un site ingrat comme savait le faire
Vauban le cas échéant. Mais ce ne fut pas sans tenir compte des
recommandations de Bélidor dans Sciences de l’ingénieur (1729) : rues à
angle droit, "Jardin du Roy", donnant, comme la citadelle, sur la
grande place, d’où partaient la rue d’Orléans vers la Porte Maurepas et la
rue Toulouse, plus large, menant à la Porte Frédéric ouvrant sur le port.
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Town-planning could not present at Louisbourg the formal
aspect of certain continental cities fortified by Vauban, such as Neuf-Brisac,
and had to make do with the difficult site, as would have done Vauban in the
same circumstances. But it was not without taking into account Bélidor’s
teachings in Sciences de l’ingénieur (1729), that is: regular streets at
right angles, an impressive Place d’Armes on which gave a well designed King’s
garden, the entrance to the King’s Bastion, the rue d’Orléans leading to
the Porte Maurepas, and the wider rue Toulouse leading to the Porte Frédéric,
the main entrance from the harbour. Town-planning legislation had been outlined
as early as 1719. |
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| Étienne
Verrier, chevalier de Saint-Louis, ingénieur en
chef, responsable de la construction de 1724 à 1745, travailla surtout d’après
des plans élaborés par son prédécesseur De Verville en les modifiant, au
besoin assez considérablement. Il avait été formé par Claude Masse, son
beau-frère, qui avait sans doute connu Vauban. Son père, Christophe
Veyrier, architecte, directeur de la sculpture à l’Arsenal de Toulon et dont on peut
voir des œuvres à Toulon, entre autres, était neveu et premier "
praticien" du grand Pierre Puget.
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Étienne Verrier, chevalier de Saint-Louis, engineer-in-chief
responsible for the construction from 1724 to 1745, worked mostly from plans
designed by his predecessor De Verville and had to modify them considerably as
needs arose. He had trained under his brother-in-law, Claude Masse, known for
his Atlas et traité des fortifications and training according to the principles
of Vauban. His father Christophe Veyrier, architect and sculptor at the Arsenal
of Toulon, was principal «praticien» and nephew of the great Pierre Puget. |
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|
| Cette Reconstruction de plus du quart de la ville et de ses
fortifications donne une bonne idée de ce qu’était Louisbourg en 1745 avant
le siège. Elle concrétise les recherches exhaustives des historiens,
archéologues, architectes et autres spécialistes, dans les divers fonds d’archives
et bibliothèques de France et d’ailleurs, pour en extraire tout ce qui se
rapporte de près ou de loin à Louisbourg, auxquelles s’ajouta évidemment l’étude
de nombreux travaux et traités historiques et techniques sur l’architecture,
les fortifications, la vie, les mœurs, l’habillement, la cuisine, etc., de l’époque
et autres sujets connexes, sans oublier les métiers de construction et autres.
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This reconstruction of more than a quarter of the town and
its fortifications gives a good idea of what was Louisbourg in 1745. It is the
result of exhaustive research by historians, archaeologists, architects and
others in various archives and libraries in France and elsewhere, to extract all
that concerned Louisbourg in one way or another and, of course, the study of
numerous historical and technical treatises on architecture, fortifications,
building and other trades, as well as social life, customs, manners, food and
cuisine, etc. of the time, and any connected subjects. |
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|
| S’est donc accumulée une importante documentation faite de
plus de 500 000 pages de documents et dessins de l’époque sur microfilms,
photos, fiches, etc., que vient compléter une bibliothèque spécialisée
comprenant une précieuse collection de livres anciens, dont l’édition
originale de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.
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All of which resulted in
the accumulation of a sum of research material amounting to some five or six
hundred thousand pages of period documents and drawings on micro-film,
photographs, index-cards, etc. supplemented by an impressive specialized library
comprising a precious collection of period books, including a complete first
edition of the famous Encyclopédie by Diderot and d’Alembert. |
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| Le travail de reconstruction fut rendu possible en très
grande partie par le recyclage d’anciens mineurs de charbon en main-d’œuvre
spécialisée, malgré le problème de la langue par rapport à la contribution
de la France, pour aboutir à la renaissance de près de la moitié du
périmètre des remparts, un peu moins du quart de la surface bâtie (28 sur 150
terrains avec maison(s), jardins et dépendances) comprenant le cœur de la
ville donnant sur le port ; aussi : 2 des 4 portes, 3 des 7 bastions et
batteries, et tous les bâtiments du Roi dans le quartier nord-ouest de la ville.
Ainsi renaît Louisbourg pour devenir Musée vivant peuplé d’animateurs en
costumes d’époque, habillés et équipés grâce aux talents des couturières
et artisans formés dans les arts et métiers du XVIIIe siècle
français.
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The actual work of reconstruction was made possible to a very
great extent by the specialization of engineers and architects and specially by
the retraining of mostly ex-coal-miners into specialized artisans, notwithstanding the language problem, leading to the rebirth of:
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— nearly ½ of the perimeter of the fortifications,
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— a little less than ¼ of the built-up area: 28 of the 150
lots with streets, house(s), gardens and out-buildings making up the heart of
the town opening on the harbour,
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— 2 of the 4 gates,
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— 3 of the 7 bastions and batteries,
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— all the king’s buildings which were nearly all in the
north-west quarter of the town rebuilt.
And thus Louisbourg reborn becomes a living museum peopled
with costumed animators thanks to seamstresses and artisans trained in French
18th century arts and crafts.
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N.B. La construction de Louisbourg eut à souffrir bien
des contraintes qui eurent trop souvent un effet néfaste sur sa qualité
comme on s’en plaignait d’ailleurs déjà à l’époque. Par exemple :
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N.B. The construction of Louisbourg had to suffer many
constraints which all too often made for poor quality, already deplored at
the time, such as:
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— Bien des matériaux disponibles sur place étaient de
piètre qualité nécessitant des importations onéreuses;
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— Une partie importante de la
main-d’œuvre, souvent
des militaires plus ou moins de corvée, était peu qualifiée et motivée.
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— Les conditions climatiques étaient plutôt
défavorables : humidité, courte saison de construction due à la gelée
dont l’action néfaste sur le mortier était la cause de constantes
réparations.
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— Aujourd’hui ce sont surtout les contraintes de
conformité historique qui entraînent d’onéreux entretiens et
réparations.
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— many of the materials available locally were of poor
and ill-assorted quality, necessitating constant repairs and onerous
importations,
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— much of the workforce, often military more or less on
fatigue duty, was ill-qualified and unmotivated,
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— climatic conditions were often unfavorable: humidity,
snow, frost action, resulting short building season, etc.
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— Today the constraints are mostly concerned with
historical conformity leading to onerous maintenance and repairs.
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L’habitat de Louisbourg se caractérise surtout par
son adaptation aux circonstances difficiles du lieu : climat, matériaux,
main-d’oeuvre, etc.
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Louisbourg housing construction is characterized mostly by
its adaptation to the difficult circumstances of place and time: climate,
materials, manpower, isolation, etc. |
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| La reconstruction de ces maisons fut un exercice
passionnant de recherche et de mise en oeuvre, chacune d’entre elles
apportant ses petits ou grands mystères et ses questions sans réponses
évidentes. Ce fut en effet un véritable défi pour l’architecte de
ré-imaginer
les désirs, goûts, besoins et moyens de ses "clients" de deux cent
cinquante ans passés.
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The reconstruction of these houses was an exciting exercise
in research and implementation, each one bringing its large and small
«mysteries» and questions without ready answers, a real challenge for the
architect to re-imagine the desires tastes, needs and means of his clients of
250 years ago. |
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| En plus d’explorer minutieusement les archives et la
documentation spécialisée, il a fallu se replonger dans l’époque et en
scruter tous les aspects: histoire, littérature, arts, chroniques et, bien
entendu, tout ce qui concerne l’architecture et les métiers de
construction, et enfin tenter de résoudre les conflits de documentation afin
de combler les lacunes d’une façon plausible.
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So that over and above exploring minutely the available archival
and other specialized research material, it was necessary to delve into the
French 18th century in all its aspects: history, literature, arts,
chronicles, etc. and of course everything concerning architecture and the
connected trades, in order to fill in the gaps and resolve the occasional
conflicts between various sources with maximum plausibility. |
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| C’est pourquoi nous pouvons dire que la reconstruction
démontre au plus près ce qui était en 1745, selon toutes les données
connues pour chaque cas. Car la documentation varie en quantité et en
fiabilité. Toutes les constructions d’aujourd’hui (à l’exception de la
maison du Faubourg) reposent sur leur emplacement d’origine et certaines
même sur une partie consolidée de leur fondation, qui, soit dit en passant,
par les éléments découverts, confirmait l’écrit.
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And thus it may be said that this reconstruction represents
very closely what existed in 1745, according to what was known in each case,
since the research material varied in quantity and reliability. All buildings on
the site are on their original location, except the Faubourg house, and many of
them rest on all or part of their historical foundations consolidated. |
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| La fouille archéologique fournit à peu près la seule
source de renseignements sur place. En plus des vestiges de fondation, parfois
importants, les innombrables objets et fragments trouvés furent un précieux
apport. Par exemple, à peu près toutes les ferrures utilisées sont des
copies exactes, fabriquées sur place, de celles trouvées dans les fouilles.
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The archaeological dig of course was the only source of
information on site: for over and above the sometimes important foundations the
innumerable objects and artifacts were another precious primary source, for
example: practically every piece of hardware seen is an exact replica of one
found somewhere on the site. |
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| Par l’autre source première: les nombreux
registres,
comptes rendus de procès, documents d’affaires, etc. (mais peu de lettres
personnelles), nos clients de 1720-45 étaient assez bien connus,
origine, famille, métier, rang social et même quelques aventures, au point de les
connaître presque personnellement.
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By the other primary source, registers, accounts of lawsuits,
business transactions (few personal letters however), etc., our clients of 1713
to 1745 were, for many of them, fairly well known: family, origin, trade, social
standing, etc., even some little adventures, so that we had the feeling of
knowing some of them personally. |
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| Quant aux vestiges on ne pouvait voir au XXe
siècle que les monticules et cratères des remparts démolis, les voûtes en
ruine des casemates dans les flancs de l’ancien Bastion du Roy ainsi que des
traces de fondations le long des rues encore discernables avec quelques
maisons du XIXe siècle. Malgré une importante collection de
dessins, seuls ceux des fortifications comportaient des dimensions et certains
détails précis, alors que les bâtiments du Roy n’avaient que plans et
élévations sommaires avec quelquefois coupe, devis ou toisé. Pour les
maisons, à part cinq ayant plan élévation et coupe (dont trois ne
figuraient pas au programme de reconstruction), il n’y avait que quelques
façades, vues et plans généraux à petite échelle, mais qui, avec les
données historiques, archéologiques et architecturales, permirent de
reconstruire sur les vestiges des fondations le plus fidèlement possible à l’architecture
pratique de l’époque adaptée aux conditions locales.
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As to the remains of the town the 20th century
could see but the demolition craters of the ramparts, the vaulted ruins of the
casemates in the flanks of the King’s Bastion and traces of foundations along
the still discernible streets with a few 19th century houses. Of the
considerable number of drawings available practically only the ones for the
fortifications were dimensioned with some details, whereas the King’s
buildings were but in summary plan and elevation with sometimes a section,
specifications and list of materials. As to the houses and out-buildings, except
for 5 with plan, elevation and section (of which 3 did not figure in the
reconstruction program), there were several façades and general views and plans
at small scale which, with the historical, archaeological and architectural
data, made for reconstruction on the remains of the foundations as faithfully as
possible to the practical architecture of the period adapted to local
conditions. |
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| Ce fut donc une tâche on ne peut plus passionnante pour l’un
des architectes qui, en plus, eut l’avantage d’avoir parmi ses
"clients" un lointain parent... par alliance : Joseph Dugas,
constructeur et l’un des trois ou quatre Acadiens établis en ville à
Louisbourg, dont le fils aîné, Charles, épousa en 1739 à Port Royal, Anne,
soeur d’Augustin LeBlanc, aïeul à la 6e génération.
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It therefore became a fascinating task for one of the
architects who, as it happened, found among his «clients» of 250 years past a
distant relative...by marriage: Joseph Dugas, builder, and one of the only 3 or
4 Acadians to settle in town at Louisbourg ; his eldest son Charles married
in 1739 at Port Royal Anne, sister of Augustin LeBlanc, 6th
generation grandfather. |
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| Sa maison
reconstruite, connue pour avoir été en "charpente",
selon le terme d’époque, aurait bien pu refléter ce qui se faisait en
Acadie, et pourrait, avec le dessin pour la maison du commandant de Fort
LaJoie (Charlottetown), servir de guide pour étudier l’impact qu’aurait
pu, ou pourrait avoir, l’architecture de Louisbourg sur la maison acadienne
de l’avenir, non par imitation mais par intégration et évolution, dans le
contexte nord-américain d’aujourd’hui, des caractéristiques toujours
valables fonctionnellement et esthétiquement. C’est ce qui sera le sujet du
second volet, Pour une architecture acadienne, dans le cadre de cette vue d’ensemble
de l’architecture de Louisbourg de sa construction à sa reconstruction
partielle au plus près possible du XVIIIe siècle, c’est-à-dire
sans les modifications indispensables pour son existence au XXe
siècle.
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His reconstructed house known to have been half-timber,
according to the period term, may very well have reflected what was common in
Acadia at the time and could, with the drawing of the commandant’s house at
Fort LaJoie (Charlottetown), serve as guide to study the impact Louisbourg
architecture could have on Acadian house architecture of the future, not by
imitation but rather by integration and evolution, in the North-American context
of today, of the typical characteristics still valid functionally and
aesthetically. And that will be the subject of the second part, For an Acadian
architecture, of this overall view of Louisbourg architecture from construction
to partial reconstruction as close as possible to the 18th century,
that is, without the indispensable modifications for its existence in the 20th
century.
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| Quelques différences de construction à Louisbourg en
adaptation assez rapide aux conditions particulières du lieu, et peut-être aux
méthodes acadiennes :
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Some differences of construction in fairly rapid adaptation
to local conditions, or perhaps the influence of Acadian building practices: |
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| 1- Le "Piquet", "en-terre" ou
"sur sole": méthode de construction faite de rondins verticaux aux
joints en mortier ou "bousillés" d’un mélange de terre (grasse) et
de mousse, avec la couverture en "plan de terre" (gazon) ou "plan
de bois" (planche ?, dosse avec son écorce ?). Inconnu en France, ce
procédé de construction, bien qu’assez peu documenté et utilisé en
Amérique en général, était bien connu et documenté par les Français venus
de Terre-Neuve. Bien qu’en principe provisoires, certaines de ces maisons
durèrent assez longtemps, souvent devenues dépendances.
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1- The «piquet» building: literally «stakes»
either driven into the ground or framed into ground plates, chinked with a
mixture of clay and moss, or plain mortar, roofed with sods, slabs or boards.
Unknown or long since forgotten in France this type of construction, found in
America to a limited extent, seems to have been well known and used by the
French arriving from Newfoundland. It was used for the first wave of presumably
temporary buildings, some of which lasted fairly well, often as outbuildings. |
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| 2- La "charpente" n’était pas tout à
fait le "pan-de-bois" ni le "colombage" connus en France,
les poteaux étant en général d’un plus gros "équarissage" et le
plus souvent espacés au rythme plus ou moins régulier des ouvertures (autour
de 4 pieds c.-à-d. 1.30 m ou 4'-3').
Le remplissage entre les ouvertures n’était pas, comme très souvent en
France, en torchis (mélange de terre grasse et de paille hachée), mais tout
aussi souvent en piquets, verticaux ou horizontaux, qu’en pierraille ou même
en brique, comme quelquefois en France. Le revêtement était soit du crépi,
comme en France, soit et peut-être le plus souvent, de planche ou de madrier à
recouvrement "à sifflet" (biseau), et quelquefois dans le cas du
madrier, plus épais, sans remplissage, ce qui était "bien moins coûteux
et donnant un même revenu". |
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2- The «charpente» type (half-timber) was not quite
the «pan-de-bois» nor the «colombage» as known in France, the posts being in
general of larger size and usually fairly regularly spaced (around 4 «pieds»=1.30
m= 4' - 3' or so). The
fill was not, as often in France, «torchis» (wattle and daub) but rather «piquets»,
horizontal or vertical, rubble or even brick as sometimes in France. Revetments
were either mortar coating («enduit») with sometimes the stone partly visible,
as in France, but perhaps more often, just boarding or planking overlapping «à
sifflet» (beveled). Sometimes, in the case of planking, there was no in-fill,
which was «less costly and brought the same returns». |
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| 3- La pierre, de bien piètre qualité en
général,
posait de graves problèmes, surtout à cause de l’action de la gelée sur le
mortier fait de chaux et de sable aussi de mauvaise qualité, malgré un joint
débordant dit "crépissage à pierre apparente". |
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3-
Stone houses were much less common than in France.
The local stone available was generally of poor quality and subject to many
problems mainly due to the frost action on the mortar (lime and sand also of
poor quality) even though the amply buttered jointing («crépissage à pierre
apparente») covered a good part of the stone surface. |
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| 4- Les toits des maisons étaient à Louisbourg
presque toujours en bardeaux de bois, qu’en France l’on ne voyait que sur
les appentis et dépendances (excepté dans la montagne), et posés sur lattes
alors qu’ici pour une plus grande étanchéité contre les vents il fallait
des planches jointives se recouvrant en biseau, dit "à sifflet". |
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4- Roofing for houses was normally wood shingles, nailed on
edge-to-edge bevel boarding, whereas in France shingles were used mostly on
out-buildings (except in mountain areas) and nailed on spaced lath. |
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| 5- Les planchers à Louisbourg étaient toujours en
madriers sur des solives longues portant sur les murs extérieurs et espacés de
2 à 3 pieds (0.60 à 0.90 m), alors qu’en France le carrelage ou le parquet,
plus lourds, nécessitaient des poutres transversales portant des solives,
toutefois plus courtes et plus rapprochées. |
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5- Floors in Louisbourg houses were always made of planking,
sometimes «tongue and groove», on long joists bearing on exterior walls,
spaced 2 or 3 «pieds» (0.65 to 0.96 = 2'- 1¼" to 3' - 2"), whereas in
France the more common and heavier tile or parquet flooring required beams,
spaced at 12 feet or so, supporting smaller and more closely spaced joists. |
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| 6- Les cloisons étaient presque toujours en planche
ou en madrier, donc non-portantes, ce qui donnait plus de flexibilité pour l’agencement
ou la modification des pièces, alors qu’en France elles étaient le plus
souvent en colombage. |
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6-Partitions were nearly always «t & g» boarding or
planking and non-bearing, due to the wall-to-wall joists, which had the
advantage of providing a freer space and therefore modifiable interior. In
France partitions were normally plastered or paneled «colombage», the origin
of our present-day studding. |
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| 7- La peinture à Louisbourg : il y avait bien les
pigments typiques, ocre rouge et jaune et quelques autres, mais en quantité
insuffisante, si bien que l’on dut se contenter souvent pour protéger le bois
de "lait de chaux", ou d’huile qui le noircissait, d’où l’aspect
plutôt terne de la ville. |
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7- Paint remained a problem in Louisbourg and the lack of it
is often mentioned; the usual pigments, red and yellow ochre and a few others,
were available but in insufficient quantities, so that they had to make do with
lime whitewash or, to protect the wood revetments, oil which had a blackening
effect on the weathering, whence the rather dull aspect of the town even today. |
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